Les créations d’Eakkarlak Sangtongchai, graphiste et designer textile thaïlandais, entraînent celui qui les regarde dans une rêverie qui l’amène à réfléchir sur son rapport au monde et sur son avenir. Idéologie, révolution, pollution, tout y passe dans un souci permanent d’esthétique nourrie de culture thaïlandaise. Cette dernière se retrouve d’ailleurs dans sa propension à dessiner des monstres alors qu’il n’était déjà qu’un enfant, à un moment où les autres, selon ses dires, étaient davantage fascinés par les super héros. Il détourne les organes humains tels que le cœur, les poumons ou les intestins pour en faire des fresques colorées poétiques foisonnant de détails. Chez Eakkarlak l’œil ne s’arrête jamais : de nouveaux éléments surgissent systématiquement, apportant réponses et nouvelles questions. L’humain, l’animal et le végétal se mélangent pour former un grand tout. Malgré la noirceur de certaines de ses productions, le graphiste témoigne d’un réel optimisme. C’est en ce sens que Revolution Root présente un Che Guevara fait de racines et d’étoiles, symbole de la permanence de l’idéalisme que le révolutionnaire véhicule.