Artiste culte de la scène alternative américaine Daniel Johnston  est, avec ses mélodies et son sens de l’interprétation parfois rudimentaire considéré comme le père putatif de l’Anti-Folk, puisant ses racines aussi bien dans le punk, le rock garage que le folk traditionnel américain.
Ses dessins — généralement réalisés de façon compulsive au feutre et au stylo bille — décrivent d’hallucinantes saynètes aux compositions implacables. Sur le papier, les héros des comics favoris de Daniel (Captain America, Hulk, Casper le fantôme…) reviennent livrer une lutte sans pitié contre les forces du Mal.
Ils sont généralement secondés dans cette tâche par Jeremiah the Frog et Joe le boxeur trépané, deux de ses principaux alter-ego, qui renvoient régulièrement dans leurs cordes Satan en personne, des hordes de freaks nostalgiques de la croix gammée et de plantureuses tentatrices décidées à les éloigner du droit chemin. Cette mythologie clairement manichéenne, associant de façon obsessionnelle références chrétiennes, historiques et culture pop, prolonge les thèmes intimement liés à la vie du chanteur. En éternel outsider Daniel nous chante un air d’american way of life dans toute sa schizophrénie que Daniel Johnston semble observer en éternel outsider.

Daniel Johnston